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ELBAMAN 2014 - Nous y voilà !!!

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Message par Stouff le Lun 22 Sep 2014 - 15:13

ELBAMAN - Nous y voilà !!!
.....Tout est dans le titre.. !

Quelques ajouts en rouge, après avoir refait une partie du parcours en balade dans le véhicule...

Comme je suis sur site et que j'ai la chance de pouvoir profiter de cette magnifique ile, je vais vous faire partager deux ou trois trucs qui pourraient vous servir Very Happy

Primo, si vous avez eu la chance de pédaler ou de faire du sport par temps de canicule cet été.... eh bé, soyez les bienvenus... !  Il fait dans les 27-30° en journée, même si ça commence un peu plus frais le matin, et le taux d'humidité frôle les 90%.. Ca change des 18° d'Annecy...
L'Ile est superbe, mais pas encore eu bien le temps de visiter...

Par contre ce matin j'ai pu faire le parcours vélo... Je vais vous le détailler.. histoire de pas faire ça en juif, je fais profiter les copains, tous n'avons pas eu la chance de déjà parcourir ces belles routes les années passées et mes deux ou trois conseils pourront vous servir... (enfin je pense, ...et j'espère !)

Voici le parcours :


Pour ceux qui pensaient faire une petite balade à vélo.... Retournez vous coucher !

Primo, sur l'Iron il était annoncé 800m de dénivelé par tour, la montre affiche 939m... Et je pense qu'ils y sont bien ! Ca porte l'Elbaman à 2'800 de D+ et le 70'3 à pas loin de 1400m D+ (en enlevant la montée vers Sant-Ilario)..
Hormis une petite boucle de détour vers Sant'Ilario justement, à droite, peu après avoir quitté Marina di Campo, les deux parcours sont identiques.. 2 tours pour le Half et Trois pour l'Elbaman.

La boucle vélo (euuuh oui... j'en n'ai fait qu'une...  pfff p'tit joueur ! Rolling Eyes ):
Le départ de Marina di Campo se fait par un faux plat où on a envie d'envoyer un peu... Holàààà !!! faut retenir un peu les ch'vaux, il y a encore long derrière !!

Au carrefour largement lisible et immanquable, direction à droite vers Sant-Ilario pour l'Iron.. Ca monte à peu près comme Leschaux.. Le bitume est bon, il n'y a pas trop de surprise. Le bitume est bien moins bon qu'il ne m'a paru hier... A vrai dire, toute la route vers Sant Ilario depuis le carrefour est pas si bonne.... rugueuse, et parsemée de débuts de dégradations qui font que ça secoue quand même pas mal... Avant d'arriver au bled, un faux plat, dans les prolongateurs.. Le tour de l'église se fait en empruntant un sens interdit. Le jour de la course il y aura à coup sûr un signaleur, mais là... j'me suis fait piéger. C'est plutôt agréable. En haut, on en prend plein les mirettes, c'est pas loin d'être magique comme coin !
Demi-tour dans Sant-Ilario autour de la petite église. Redescente vers la côte donc.. Bim.. Le vent ! Il est pas tout à fait 10h du mat', ça promet. De petites rafales, pas trop fortes, mais rien de régulier et suffisamment pour gêner quand tu es dans le prolongateur, alors que cest la meilleure façon de se protéger.
Attention dans la descente... Il y a eu quelques petits rapiéçages de la route, tous ne sont pas rebouchés... Quelques gravillons, cependant rien de bien méchant, le revêtement est bon... Bon point : j'ai trouvé qu'il y avait très peu de circulation... !  

J'ai trouvé que les courbes ne se lisaient pas comme chez nous.. L'entrée de certains virages laisse deviner une courbe que l'on pourrait passer taquet, puis au final se la route se referme.. Certains sont assez piégeux, la route n'est pas très large. Pas de voitures mais hormis à sortir dernier du parc à vélo, il y aura des confrères à contresens...

Retour au carrefour, le reste du parcours intéressera aussi ceux du Half.
Ca monte un peu, puis la route devient roulante avec des faux-plats et des descentes la tête dans les prolongateurs.. Tout se déroule pas mal,  ...jusque Chiessi... Le petit coup de cul qui suit est à mon sens le plus difficile du parcours.. Tu viens d'envoyer un peu dans les bouts de plats, tu te laisses emporter dans la descente tu fais monter un peu les jambes dans les tours et te retrouves dans le petit bout avec le plus fort dénivelé du parcours... L'anglais, avec qui j'ai fait un p'tit bout de parcours a littéralement explosé au passage de cette côte.. Je pense qu'au troisième tour elle va faire très mal... Le vent est tournant, le soleil plombe sur cette route côtière.. Ca ajoutera encore à la difficulté lors du troisième passage, on sera en effet aux heures les plus chaudes...!  

Petite descente en direction de Patresi rien de bien difficile. La longue montée vers Poggio n'a rien de difficile non plus. Les kils se font un peu sentir, au troisième passage il faudra en tenir compte. Passages en sous-bois plutôt agréables, il y a  un peu plus de circulation de ce côté-ci. Ca sent successivement le romarin, le thym, parfois une petite odeur de diésel... (Encore un fiat mal réglé Lol !) - C'est super agréable comme parcours.

Poggio, splendide village perché qu'il faut contourner pour entamer la descente en direction de Marianna... ATTENTION A CETTE DESCENTE !!!! J'ai trouvé la descente déjà dangereuse, mais en plus le revêtement est vraiment des plus pourris... C'est con ! Je confirme aujourd'hui !!! Une pure descente où les meilleurs descendeurs auraient pu bien s'éclater.. !
C'est pas mon cas et préfère rester prudent.. Mieux vaut rester entier et perdre 20 secondes plutôt que de se faire mal... Manques de bitume dans les courbes, chaussée déformée dans les zones de freinages... En plus des lacets vraiment serrés ça en fait une descente pour VTTiste !! Attention donc, il faudra vraiment être prudents ici.

La liaison vers Pracchio est une succession de faux-plats montants et descendants, rien de bien folichon.. Attention cependant à tourner les jambes dans la descente pour ne pas se refroidir, sinon le passage de la (toute) petite bosse qui permet de revenir vers Marina di Campo risque de vous rappeler à l'ordre !
La descente vers Marina di Campo vous ramène vers un faux-plat un peu cassant, le vent est à nouveau là et a forcit un peu...

Voilà.. J'ai tourné cette boucle en 2h08 à presque 29 de moyenne... Sur trois tours, je pense qu'il faudra revoir tout ça à la baisse !!! Même si j'ai pas mis la tête dans le guidon tout le long et qu'une partie de la boucle était roulée en "mode toutriste", je pense qu'un bon 26-27km/h de moyenne, ce sera déjà pas mal à tenir ! Surtout qu'à la dépose du vélo ce ne sera pas terminé......

Autre retour d'expérience de cette petite boucle : s'il fait ce temps dimanche, et ça paraît bien parti pour, il faudra boire beaucoup, beaucoup, beaucoup...
Même si certains trouveront ça débile de perdre 2mn ou 5mn à le faire, pour ma part, ce sera crémage solaire à répétition...
Petite brume ce matin au départ vers 9h20, quelques nuages hauts, au moment où j'écris ces lignes grand bleu, bise et CHAUD CHAUD CHAUD !!  Il est 15h10...
Autrement dit potentiellement l'heure où certains d'entre nous poseront le vélo...
IL VA FALLOIR EN TENIR COMPTE.. !

Voilà...
Demain j'irai tester pour vous : le filet de cabillaud..
Euuuuh non... Le parcours pédestre !

Wink
Ciao !!!
S

Aujourd'hui :
50km/h de vent Sud Sud-Est, donc un peu dans le dos entre Marina Di Campo et Chiessa, on va dire.. parceque comme ça tourne pas mal on aura vite fait de l'avoir de côté, voire de face.. Mais grosse grosse bise quand-même !
Plutôt frais ce matin et du fait du vent il n'a pas fait si chaud que les deux jours précédents 25° tout au plus.


Pas eu le temps pour la CàP.. ce sera pour demain.. Surprised)
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Message par Stouff le Mer 24 Sep 2014 - 19:03

Holà,
Comme promis, jai fini par faire la boucle CàP...
Rien de bien fabuleux.. : C'est plat de chez plat.

Le parcours ici (jusqu'au Kil 7, après j'ai pris quelques liberté pour rentrer...) :

A retenir, cependant :
Du Kil Zéro jusqu'au 1er Kil le long de la plage, c'est relativement abrité, on court sous les pins parasols, c'est très agréable... La suite jusqu'au Kil 5, c'est à dire tout le long jusqu'au bout de l'aéroport et retour vers la plage, c'est plein cagnard... Puis on longe à nouveau la plage, la petite boucle (environ 2km AR) après le vieux port est de la même trempe, pas un pète d'ombre.. Donc a chaque tour de 8kils, on fait 2x1km ombragé, le reste sera chaud...
Hormis les derniers tours donc (comme il y en a 5), on risque de le faire sous un beau cagnard, et ça cogne pas mal vers 15-16h...
Pensez aux casquettes, visières... Les ravitos seront nombreux et il y aura possibilité de s'hydrater souvent, environ tous les deux km du fait qu'on tourne en rond...

Voilou...
Demain ce sera "petite trempette"... L'eau doit être dans les 20 à 22°, super agréable, peu brassée, légère houle de côté, rien de rebuttant.. De ce que j'ai vu le matin, ces jours ci c'est plutôt calme côté mer...

Ciao !!
Ssss
A espérer que ça tienne jusque dimanche comme ça.
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Message par Stouff le Mer 24 Sep 2014 - 19:30

... Ca peut servir : http://www.ilmeteo.it/meteo/Campo+nell%27Elba?refresh_ce

Dimanche 25°, 50% d'humidité - un beau temps à faire un Tri, si ce n'est un vent fort annoncé...

A suivre, ça peut encore changer !
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Message par michel_ly le Jeu 25 Sep 2014 - 21:15

Merci pour tes infos...

Prends soin de toi

Je serai loin derrière toi à vélo (22-23 km/h en moyenne)
Mais je confirme ce que tu dis du parcours vélo.
Mon souvenir de la cap est que ça monte après le port.
Mais comme ce sera plus tard pour moi, je ne risque pas de surchauffer.

A tous, et je le répèterai: boire, et penser aux électrolytes (NaCl, KCl) dont les ravitos officiels ne sont pas riches.


A+

Michel
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Message par Stouff le Ven 26 Sep 2014 - 9:56

michel_ly a écrit: (...)

Je serai loin derrière toi à vélo (22-23 km/h en moyenne) (...)

Mon souvenir de la cap est que ça monte après le port. (...)
Merci Michel !!

En fait, je vais faire comme tout le monde.. : le premier tour à 27, le deuxième à 25 et le dernier à 19 ... LOL !

Non, la "montée" dont tu parles après le port, ce doit être 2, ou à la limite 3m de dénivelé tout au plus.. Je pense que c'est très largement amplifié du fait de la fatigue une fois ce point de la course atteint...

Tchô, bonne fin de route à vous !!..
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Message par Stouff le Jeu 2 Oct 2014 - 16:54

Holà tutti...
Ce fut une magnifique course...! Un condensé de plein de sensatins, avec énormément de bonheur d'avoir été finisher...
Voici mon compte rendu... Bon, ...c'est une Stouffade !!! vous commencez à me connaître..!
Mais testé sur une lectrice, il se lit apparement assez facilement. Comptez quand-même une bonne demi-heure ! (non sans blague..!)
Je le dédie à tous ceux qui l'ont déjà fait une première fois, et qui je l'espère retrouveront les sensations qu'ils ont éprouvé lors de leur premier... Dédié aussi à nos deux Freds qui n'ont pas pu concrétiser cette fois-ci mais qui retenteront j'en suis sur avec beaucoup plus de réussite...
Enfin, si ça pouvait donner à d'autres l'envie de s'essayer... Je leur dis : allez-y à bloc ! C'est assurément une expérience unique et dont on ressort grandi...! Grandi d'expérience, mais aussi grandi de toutes les émotions accumulées lors de la fabuleuse journée de la course, clôture de cette aventure.
A tenter absolument, c'est unique...
Bonne lecture ! Wink
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ELBAMAN 2014 - Nous y voilà !!! Empty Re: ELBAMAN 2014 - Nous y voilà !!!

Message par Stouff le Jeu 2 Oct 2014 - 16:57

La nuit a été assez courte, j'ai un p'tit vélo qui tourne dans ma tête depuis que le réveil affiche 3h56.. Je repense à toutes ces heures à avaler du bitume... Pourtant, je ne peux pas dire que je suis stressé, mais plutôt excité d'enfin arriver à cette journée. 5h06, je décide de me lever avant la sonnerie, j'aurai plus de temps devant moi, il est temps d'avaler un dernier vrai repas, un petit déjeuner digne de ce nom de penser à prendre les sacs, de mettre la puce, la montre, départ vers l'inconnu. Il est 6h20, le jour n'est pas encore levé. On devine une lueur jaunâtre au loin laissant penser que la journée va être des plus belles… Je pars à pied dans ces rues encore vides, il semble y avoir un peu de vie là bas au loin. Des bénévoles s'activent pour les derniers préparatifs. J'entre dans l'aire de transition, il y règne une ambiance différente de celle que l'on a l'habitude de trouver..Il y a peu de concurrents, le silence est lourd. Il manque quelque chose, il y a comme un vide dans l'air. Pourtant des types s'affairent sur leur machine, on entend le cliquetis de quelques roues libres d'autres gars qui enclenchent la bonne vitesse pour le départ.. Des bruits de tongs, "tiens, un gars au galop qui il est complètement à la ramasse, un peu plus et l'aire de transition était fermée, il a eu chaud !". Parfois l'on entend de légers chuchotements de-ci de-là de gonzes en latex qui cherchent encore où poser leurs sacs de transitions…  C'est sur, il se passe quelque chose. Je place mon premier sac sous mon vélo, pars mettre en place mon deuxième dans l'alignement de ceux des autres concurrents… Toujours aussi étrange, cette enfilade, de ces mêmes types eux aussi en latex qui se dirigent vers la plage à 200m de là. Ce doit donc être dans cette direction ! Après avoir enfilé ma combinaison, à mon tour de me diriger moi aussi presque machinalement vers ce lieu, tout comme le font les autres. Dans le silence pesant de la rue encore endormie, l'on discerne alors le speaker, et la musique, de plus en plus forte. Une arche dressée vers ce qui sera la sortie de l'eau.. Le son monte, l'ambiance est plutôt festive par ici, ça sent le gros évènement. Le sable n'est pas encore chaud, la première bouée ne se distingue que parce qu'elle est surmontée d'un feu clignotant à son sommet, tout là bas, à 800m…  Lunettes sur le front, bonnet en place, à peine le temps de souhaiter un bon courage aux quelques collègues du club trouvés in extrémiste. Le speaker annonce "Due minuti…" L'ambiance est plus lourde, encore plus mystérieuse, le ciel est tout de feu au loin.. Une minute annoncée, puis "trenta secundi !"... Un silence de plomb tombe soudain sur les concurrents. Puis un premier applaudi, un deuxième. A l'unisson tout le monde applaudi, comme pour se donner du courage, les spectateurs amassés derrière les banderoles se joignent à nous, "Vai, Vai !!!"… Le ciel est en flammes, la baie magnifique, des bateaux flottent dans cette image d'Epinal, les larmes me montent aux yeux, l'émotion est à son comble, je suis au bord de chialer… Coup de pétard, il est 7h00, 28 septembre 2014, Ile d'Elbe, je prends le départ d'un IRONMAN…

Les concurrents se lancent à l'unisson dans l'eau. La ruade est telle que l'écume blanchâtre ne permet plus de distinguer certains d'entre eux… Fidèle à mon plan d'attaque, …je n'attaque pas ! Je vais essayer de rester toute la journée, dans les trois disciplines sur les allures que je me suis fixé : "je ne suis pas un cador, c'est mon unique chance d'espérer aller au bout, enfin, ..j'espère…". Comme décidé, je pars de l'arrière sur la gauche pour nager sur les extérieurs et remonte sournoisement petit à petit. Je rentre donc dans l'eau parmi les derniers. La journée va être longue, à quoi bon chercher à gagner 15 mètres, il est 7h01, il reste 10h00 de course pour les meilleurs, 17h00 pour les derniers… L'eau est bonne, presque chaude, le jour pointant laisse de mieux en mieux deviner les contours de la baie. Je me suis échauffé dans l'aire de départ, simplement en tournant les bras, je pars doucement histoire comme à mon habitude de me chauffer tranquillement. Nageant 5 à 10m sur l'extérieur, je dessine une légère courbe, ne délaissant jamais du regard sur ma droite les autres concurrents à la bagarre. Respi en 2/3/2/3… Tout va bien. Je suis posé, les épaules commencent à bien tourner. La première bouée arrive plus vite que je ne l'aurai imaginé. Il y a encore du monde sur ma droite, je passe à 10m au large, histoire de rester toujours serein. L'eau est si claire qu'on voit très bien le fond, sans doute à 10m en cet endroit. Des champs de posidonie se balancent doucement dans le courant… C'est beau, je me dis que ce serait cool de revenir plonger dans le coin ! Parfois une forme passe en dessous, je me demande si j'ai la berlue ou si c'est bien vrai… Je m'occupe l'esprit, nage serein, m'applique sur chaque mouvement pour nager économe. Je suis bien, les mètres passent, tout va pour le mieux. Au virage de la deuxième bouée, un petit groupe commence à se former. Je décide de rester à proximité, tente de drafter un peu lorsque je peux… Je colle un moment à un gars qui ne se sert pratiquement pas de ses jambes… C'est agréable, il y a peu de remous. Il doit avoir une fréquence de bras une fois et demie plus élevée que la mienne, je pense qu'il essaye d'économiser ses jambes pour le vélo… Sauf qu'on est en train de se faire décrocher par le groupe ! "Désolé mon gars, mais t'es pas dans le bon wagon !!" Je le laisse à la faveur d'une petite accélération et rejoins le groupe doucement, sans trop donner... Le retour vers la plage est magnifique ! Elle est maintenant baignée de soleil... L'ambiance doit être terrible là bas, mais l'on n'entend que les bulles percutant le bonnet… Sortie à l'Australienne, 1900m de parcourus, il reste un tour… La sortie sur la plage autour d'un plot disposé pour l'occasion est terrible, je manque trébucher, l'équilibre est précaire, les pas empressés dans le sable mou manquent de sûreté. Le commentateur est là, juste à côté et mets le feu pour les spectateurs. Je suis dans ma bulle, pas bien le temps de distinguer tout ça depuis ma position ! Au passage j'entends juste "Allez Steph !!!!"… On se sent supporté, c'est cool ! Je m'empresse de replonger… Le retour dans l'eau est brutal, il me faut bien 50m pour me replacer dans ma nage… Je pense aussi à jeter un œil à ma montre : 32'00 je suis plutôt pas mal par rapport à mon plan de marche… Je rentre à nouveau dans mon groupe. "Tiens, j'ai retrouvé Flipper !!!" Un type qui faisait des bulles, j'ai jamais vu ça ! Il doit monter dans les puls', lui… Je le laisse vite tellement c'est désagréable et me remets à l'écart… Les minutes passent, les centaines de mètres aussi… Au passage une petite pensée pour mes idoles : Mr PRENE (Néo de son prénom), et Dieu, pour avoir pensé à mettre un peu de sel dans cette mer aussi..! Ils aident bien à la flottaison ces deux là, c'est assez agréable je dois dire… Le temps pourrait commencer à être long, pourtant je suis bien, les bras tournent bien, l'allure est bonne en compagnie de mes compagnons de baignade. Parfois une petite vaguelette vient à peine perturber ma nage... Une petite voix bien commune depuis ces deux dernières années me chuchote alors : "Penses à replacer ta nage Steph... Replaces ta nage !!" Bien vu Ludo ! sitôt dit, sitôt fait, c'est vrai que ça va mieux.. Il faut dire que les conditions sont extras : pas un rouleau à l'horizon, une eau à 21 voire même 22°, un jour maintenant bien levé. Le soleil inonde maintenant toute la baie nous sommes sur le dernier retour, je suis à la limite d'être ébloui sur les respirations à gauche, la dernière bouée tout là bas est immanquable, elle semble briller. Dernière ligne droite avant la sortie, je ne suis même pas essoufflé. Respi 2/3/2/3 toujours… Le temps est passé si vite, je n'ai pas eu l'impression d'avoir nagé une heure, et pourtant… 1h05', mais la nat' c'est mon truc, la discipline que je redoute le moins sur les trois… Sortie de l'eau toujours aussi difficile, mais je ne trébuche pas, enlève vite le haut de ma combinaison sur les 15 premiers mètres. Des supportrices sont là, pas le temps de détaillé, je crois que j'ai dit salut… Les gens hurlent le nom de leur champion sortant sans doute en même temps que moi de l'eau, l'ambiance est de feu, le commentateur crache à plein poumons dans le micro, la musique est à bloc ! Un passage sous la douche où je prends le temps de bien me rincer, puis, juste derrière l'arche, Sylvaine et les enfants… Pit stop, "un petit bisou pour la force" et c'est reparti… La course vers l'aire de transition est brève, le sac vite trouvé. Sous la tente je prends le temps de m'essuyer correctement, histoire de bien enlever le sel, enfile mon cuissard, mon maillot.. Arrivent bientôt Nico, Fred de St Jo, puis l'autre Fred… "Quatre Hydros sur T1 en même temps dans la tente, …c'est pas beau ça !?!?" lance l'un… Enfilage des chaussettes, des gants, application d'une petite crème solaire, Nico repart avant moi… C'est sûr, j'ai pas été efficace sur ce coup-là ! Mais j'ai une réputation à entretenir sur les transitions !

Le départ vélo est prudent… Sortie du parc en marchant et non en courant, pas la peine de se faire une cheville maintenant… Un dernier encouragement en passant le vélo à la main, c'est reparti ! Mon travail des dernières semaines d'entrainement était basé presque uniquement sur les allures cibles, dans les trois disciplines. Ca a bien payé sur la nat', pas de raison qu'il n'en soit pas de même sur le vélo. La reco faite début de semaine m'a permis de bien visualiser le parcours. J'en ai fait une image qui ne me quittera pas tout au long de ces trois tours… L'idée est de faire la totalité du parcours sans à-coups, à mon rythme de croisière. Vite dit.. Certains sont déjà à bloc et je me demande comment ils tiendront sur la distance, ils n'ont pas l'air de types si à l'aise que ça… Je pense que certains en sont largement capables… pas moi… Deux kils qu'on est sortis du parc, déjà la première côte… C'est le moment de voir si les nombreux enchaînements faits à l'entraînement ont payé ! Pour l'instant pas de syndrome de la transition, ça se passe plutôt pas mal. Je sais que cette côte doit passer dans les 23-25km/h, mais je monte à la sensation, les puls sont basses, les cuisses ne chauffent pas, 18-19km/h, ça va pas mal.. D'ailleurs, je n'ai pas mis la montre sur son support, je ne roule pas au compteur, mais à la sensation : j'essaye de m'écouter pédaler. La vue est splendide.. On devine que ça nage encore dans la baie, sans doute les gars du Half, il doit être pas loin de 8h45.. Avant de tourner autour de l'église de Sant Ilario je croise Nico, déjà dans la descente… Premier Ravito. Ma politique est des plus simples ! J'ai programmé la montre pour qu'elle bip tous les 1/4 d'heures pour l'hydratation et toutes les 800 calories pour la nutrition… Déjà expérimentée maintes fois en conditions d'entrainement ou sur les autres courses, cette méthode s'avère être une clef redoutable pour optimiser ces deux points cruciaux. La descente est prudente aussi, je croise Fred juste après mon demi-tour, il a l'air bien.. Petit encouragement là encore. Plus loin, à peine, l'autre Fred, décidément c'est un tir groupé, c'est cool de se retrouver sur la course… Le petit coup de cul, de suite après la descente m'a permis d'expérimenter ce qui allait être le grain de sable de cette partie vélo : mon dérailleur avant fait des siennes ! Pourtant j'ai passé une journée cette semaine à tout recaler sur ma monture, dégraissage, (re) graissage, serrages, tensions des câbles, pneu neuf et j'en passe… Le dérailleur pivote sur son axe, m'empêchant de remonter sur la plaque lorsque je suis descendu sur le petit plateau, la fourchette du dérailleur vient buter contre le grand plateau… Je suis contraint de poser pied à terre pour repousser ce dernier vers l'arrière.. La plaque passe, c'est reparti… Les deux Freds m'ont repassé, nous roulons maintenant ensemble. Petit tour "dans les prolongateurs" comme on dit, l'allure et bonne. Nous sommes maintenant en plein trafic de vélos.. Les filles du Half sont à notre hauteur. L'allure est soutenue, l'ambiance est bonne avec les deux Freds… C'est drôle, on ne se croirait pas parti pour une sortie non-stop de 180 bornes ! A la faveur d'une ou deux montées, je laisse Fred et pars tranquillement à l'allure que je m'étais fixée. Je double bientôt Camille, l'encourageant au passage, "Allez, vas-y Cam', sois forte, bon courage !". Je suis prêt mentalement à affronter celle qui arrive : la côte de Chiessi ! Une petite côte de 3 kilomètres et demie, annoncée à 7% de pente moyenne… Avec le petit replat qui se trouve au milieu, le pourcentage est par endroits un peu plus élevé… Plein cagnard, coincé entre la falaise et la roche, la vue magnifique fait oublier un peu la difficulté. L'on peut même distinguer ce qui doit être Capri au loin… Mais c'est pas fini !… reste encore pas loin de 150 bornes à parcourir et deux passages dans cette côte. Elle passe bien, dans les 14-15 à l'heure. Je ne suis pas dans le rouge, les puls ne passent pas les 160, dans mes objectifs. Longue descente agréable vers Marciana, la tête dans les prolongateurs. L'écrémage commence déjà à se faire… Au fil des kilomètres, les concurrents de niveau semblables finissent par "se rejoindre" et roulent sensiblement ensemble, se doublant, se redoublant encore. Ravitaillement à l'horizon. La boisson Iso distribuée passe plutôt bien, elle n'est pas trop sucrée et se digère sans problème. Du coup l'hydratation est optimale. Les ravitos se font à la volée, pas question de s'arrêter : "Sali, Acqua, Geli !!!". Les bénévoles sont top ! Donnant des sourires et des encouragements à l'ensemble des concurrents, imperturbables… Je leur rends une mimique ou deux, leur disant comme je peux que c'est dur, mais que ça va…  La montée vers Poggio est longue, mais passe bien. Je vois revenir Nico dépassé il y a deux ou trois bornes, qui me dit en me (re)doublant : "T'emmènes gros dis-donc, toi Stouff !!!" – Je suis parti en 53/39 à l'avant 11-25 à l'arrière, et j'en garde toujours deux à gauche au cas où… Donc forcément à 39-21 j'emmène plus gros qu'avec un compact, je ne vois pas comment je pourrai faire autrement. En même temps les jambes le supportent bien, et ça me permet en ne tournant pas les jambes trop vite de rester bas dans les puls (Moyenne sur la sortie vélo à 135bpm…). Je suis super bien ! Une question me vient forcément à l'esprit : "serai-je toujours aussi bien au troisième tour ? Est que je suis vraiment sur le bon rythme ?" Mais l'esprit est occupé par les dossards qui passent et que je parviens à doubler… La toute aussi longue descente depuis Poggio passe bien, forcément, mais prudemment aussi, elle est piégeuse. Dans tous les petits villages traversés, c'est le même ambiance… Quelques spectateurs, des badauds, pas forcément au courant de ce que l'on est en train de faire, mais qui applaudissent aussi… Peu de voitures et toujours ces vues magnifiques sur les baies qui s'enchaînent en contrebas… Le long mais facile retour vers Marina Di Campo se fait bien, dans les prolongateurs souvent, le rythme est soutenu et bon… Marina di Campo.. Au virage, j'ai à peine le temps d'apercevoir Sylvaine et les enfants.. Au passage j'entends très clairement "Paaapaaaa !!!" C'est César, qui nous dit ses deux premiers mots Papa et maman depuis à peine une semaine… L'artiste.. Ca fait un bien fou ! (Mais ça passe trop vite…) - 27,2km/h de moyenne sur le premier tour… Wouahou.. Si j'arrive à tenir ça sur trois tours c'est de la balle.. J'ose à peine l'espérer, je ne sais même pas si c'est possible... Pourtant je suis bien, les jambes tournent, je n'ai aucune douleur, aucun ressentiment de faiblesse ni de fatigue.. 61km de parcourus, le second tour sera du même ordre. Dans les bouchons des concurrents du half qui patent pour leur deuxième tour, je double beaucoup. Je double également beaucoup de dossards bleus, celui de l'Iron, de types sans doute en début de dérive. Ca se passe bien pour moi. Pour Nico également, nous roulons pratiquement ensemble, passons notre temps à nos doubler et re-doubler… L'esprit est occupé par le bleu azur et le bip de rappel de la montre. Le temps passe super vite je ne vois défiler ni les kils, ni les heures… La fameuse côte de Chiessi passe toujours aussi bien. Je suis mon rythme et avale les kils. Sur le sommet de la côte un type en déroute, super vélo à 10'000 boules, casque profilé. Je le passe, je suis à 15 à l'heure et pense au fond de moi "Ben t'es pas fin à 6 à l'heure avec ton casque aéro !!!". Ca roule super… Poggio, puis la descente et le retour.. Personne à Marina Di Campo pour le soutien.. Pas grave, je sais qu'ils sont là… La moyenne n'est que très peu descendue… Je suis au top, pourvu que le troisième tour passe bien ! Bizarrement, je me retrouve dans les montées à passer au même rythme que sur le premier tour. Certains concurrents "prennent cher", comme on dit ! Les kils s'enfilent comme des perles. 150 de parcourus. Je commence à ressentir une gêne sous les pieds… Les coques de mes chaussures me font mal. Les orteils engourdis, je déclipse parfois les cales dans les descentes pour dégourdir les pieds. Mon cuissard également me fait mal. Pourtant éprouvé sur des sorties longues, un pli se fait sur l'aine, créant un frottement lancinant. Ca commence à se faire long, mais le rythme n'a pas faibli (…) au contraire. J'enfile les descentes plus vite encore, permettant de récupérer car moins de relances, je pédale moins. Dernière fois arrêté en haut de la petite mais cassante côte de Procchio pour ce fichu dérailleur qui m'a obligé à descendre de machine au moins dix à douze fois sur la course, si c'est pas plus… J'ai même tenté de le remettre en place en roulant, mais trop risqué, j'ai bien failli passer au tapis ! Rentrée vers Marina Di Campo en douceur… Je commence à lâcher ! Des sanglots me viennent, je pense au fond de moi "Pu_ _ _ _ !!! J'ai fini le vélo !!!"… Je ne sais pas si c'est une joie perceptible ou les premiers signes de la fatigue déjà accumulée… Je décide de prendre ça pour de l'émotion et me re-concentre vite sur la suite. J'ai passé le vélo en 27km/h de moyenne à la montre, de la balle, je n'en n'aurai pas espéré autant, même en rêve. Et pourtant je me sens bien… 6h57 de selle, il est temps de passer à autre chose… Tiens, je n'ai jamais fait de Marathon de ma vie… Si j'allais en courir un maintenant ?!? Ce n'est pas une idée folle, mais une petite bulle rigolote que je me suis faite avant d'entamer la CàP. Nico finissant le vélo à quelques minutes de moi me rejoint sous la tente de la transition 2… Cette fois je ressors avant lui ! Non pas parce que j'ai été rapide sur la transition avec le 174ème chrono sur 177 finishers (Toujours cette réputation à tenir ! Lol)… Mais parce que Nico a écopé d'une pénalité de 10mn pour avoir suivi d'un peu trop près un (très) joli postérieur du Half…

Le départ vers le Marathon se fait plutôt bien. Les enchaînements multiples de l'entraînement portent vraiment bien leurs fruits, je ne ressens toujours aucune perturbation traditionnellement rencontrée lors du changement de discipline… La course qui est décidément mon point faible me fait poser beaucoup de questions… Je ne sais toujours pas si je suis capable d'aller au bout. Et si mes chevilles lâchaient ? Et si je me retrouvais planté au vingtième une douleur au genou ? Ca m'arrive si fréquemment que je doute encore. Mais le rythme est bon sur ce départ de CàP. J'arrive à tenir mon allure cible. Le long de la plage à l'ombre, les spectateurs, pour beaucoup des familles de concurrents, applaudissent et encouragent tout le monde… Il y a une joueuse de tambourin qui prend le rythme de tes pas, une mamie qui tape avec sa canne en vociférant, même les chiens te poussent ! C'est fabuleux ! Fabuleux, oui, mais dur. J'arrive à tenir jusqu'au premier ravitaillement. Surtout ne rien changer, partir dans l'excès me ferait regretter, enfin, mon estomac surtout. Boisson iso une demi-barre et un petit gâteau chocolat ce sera très bien. Le truc c'est que maintenant mon corps me demande plus… Je le sens bien : "Je dois être en déplétion complète ! Il ne faut surtout pas succomber à la tentation de manger trop. C'est l'arrêt assuré !". Je laisse les sirènes appeler et me contente de ce peu. Les kils passent, mon premier tour se termine sans souci, je croise Sylvaine et les enfants et à chaque passage m'arrête 10 secondes pour deux p'tits mots... Le deuxième tour également passe bien, mais je commence à ressentir un peu la fatigue. Je croise maintenant Nico après chaque demi-tour l'encourageant au passage, mais il est plus hermétique qu'un Tupperware ! Je croise également Fred Masse, déjà rhabillé et marchant au bord : "Qu'est-c'que tu fous ? Allez mon gars !!!" Il me répond qu'avec un ménisque fêlé il ne pouvait de toutes façons pas courir et savait qu'il ne ferait pas cette partie de course… Puis je croise également Fred de St Jo… Marchant à bonne allure.. On s'encourage, parce que repérés de loin.. "Allez mon Fred !!!, courage mon gars !Allez-allez !!!" Il me répond que son tendon lui fait mal, il ne peut que marcher, "fait flic"... Je passe ainsi les 20 premiers kilomètres, allant bon train. Je me surprends à tenir ce rythme, parce qu'après le vélo que j'ai sorti, je ne sais pas comment je trouve encore la force de courir !? Le corps joue des tours et l'esprit l'aide bien parfois... Je compte bien profiter de l'aubaine, mais soudain, en quelques centaines de mètres à peine, c'est l'explosion en plein vol… Je ne réalise pas trop ce qu'il m'arrive, je pense juste qu'il me reste encore pas mal de temps pour pouvoir terminer cette course… Je n'ai plus de carburant, plus de pêche, mes jambes me tiennent à peine… Pourtant je marche, ne m'arrête pas et décide de rallier le prochain ravito. Je sais qu'en me fixant un but à chaque fois, cela me fera toujours avancer un peu. Au ravito, je me fixe de courir le plus possible jusqu'au suivant.. Je fais ainsi sur les presque deux tours qui suivront. Hugues se joint à moi un moment en vélo.. Je lui dis que c'est sympa, mais comme il est interdit de suivre un athlète pendant la course je ne voudrai pas me faire disqualifier maintenant, ce serait vraiment trop bête ! Les kils défilent tant bien que mal, la forme revient un peu.. De plus en plus de concurrents marchent, certains s'étirent au bord de la route : "Crampi, crampi… aaaah !". Le pauvre, il a vraiment l'air d'être au bout.. Je viens à penser soudain que je n'ai pas eu ne serait-ce qu'un début de crampe… Surprenant ! Je fais quelques centaines avec Blandine également.. Plus loin, je rattrape Juju en déroute complète. Il marche à petite allure, mais bien accompagné... Je reste à sa hauteur jusqu'au demi-tour du port. Mais au moment de reprendre un petit trot, je le pousse pour qu'il me suive, mais impossible pour lui. Il lui reste trois tour, je vais entamer mon dernier. Je suis quand-même encore un peu à la peine, jusqu'au 35ème kilomètre où je réalise enfin que je suis en mesure de peut-être atteindre mon but : terminer cette course… Je ne sais pas expliquer si c'est cette pensée ou si c'est la chaleur bien moins forte depuis que le soir tombe, mais un regain d'énergie me vient… Je me surprends à courir à nouveau à mon allure cible. Je ne sais même pas comment c'est possible. Nico m'a redoublé il y a un tour, les deux Freds sont sur le bord de la plage m'encourageant à chaque passage, le public toujours aussi nombreux fait toujours autant de bien… L'aller au bout de l'aéroport m'apparaît soudain plus court, la nuit tombe bientôt sur le parcours. Des lampions ont été allumés le long de la piste pour éclairer un peu… à moins que ce ne soit contre les moustiques, ça sent la citronnelle… A mon dernier demi-tour je passe Miche-miche et marche un peu avec lui… Il est bourré de volonté ce Michel… Sans doute le plus fort d'entre nous tous mentalement. On marche un peu, discutons aussi… puis comme je compte reprendre ma course, je suis contraint de le laisser, lui souhaitant vingt fois bon courage… je me sens pousser des ailes ! je regarde ma montre : "39km.. ça y est mon gars ! tu vas le finir ton IRON !!!" J'en reviens pas… je suis à quelques centaines de mètres d'un but fixé il y a maintenant presque un an. Je sens monter une grosse envie de chialer… Une émotion telle.. Je fais mes deux derniers kils à l'allure que je tiens habituellement sur un 10km.. Ca non plus je ne sais pas l'expliquer… la joie sans doute… Enfin il n'y a pas grand'chose dans cette journée de dingue que je saurai vraiment expliquer…. Dernier passage le long de la plage, il fait maintenant nuit, les bateaux sont à nouveau dans l'obscurité, les loupiottes se balancent au sommet des mâts. Je repense en passant à côté du point de départ de ce matin "tiens, c'est ici que j'étais ce matin avec l'espérance de peut-être terminer, et c'est ici que je suis maintenant et cette fois je suis belle et bien au bout !". J'arrive sous l'arche bleue qui marque le passage où je dois tourner pour rejoindre la ligne d'arrivée… Je cherche Roméo partout du regard mais ne le vois pas… Une immense déception me submerge, je voulais tant finir avec lui… je ralentis ma course, regarde à droite, à gauche mais ne le trouve toujours pas… Je continue d'avancer et le vois soudain dans la rue piétonne !! Je lui prends la main, calque ma foulée sur la sienne. Je devine sa joie, il fait tout son maximum pour courir vite, mais pour le coup, je lui dis "pas si vite, Roméo, pas si vite !!"… C'est que pour arriver à cette ligne il en a déjà fait un bon bout papa… Je passe enfin sous l'arche, le chrono affiche 13h15'40"… J'ai les larmes aux yeux.. Je ne peux pas vraiment dire ni décrire ce qu'il se passe à ce moment-là.. Sylvaine est là qui me félicite, je repose Roméo, Nico et quelques autres Hydros sont là aussi… Je ne sais plus… Je savoure tellement cet instant que je n'imprime pas ce qu'il se passe autour de moi. On me tend une couverture de survie, une chaise… L'émotion est à son comble, je suis dans mon nuage et j'en reviens toujours pas. Je viens de finir cette course de dingue. Je viens de boucler le but que je m'étais fixé je profite de l'instant.

Comme me disait Miche-Miche, croisé sur le Marathon quelques dizaines de minutes plus tôt : "C'est vraiment un truc de tarés !!!". Il n'est pas loin de la vérité Miche-Miche… Pour beaucoup, traverser un lac est en soi un exploit. Faire une étape du tour de France est un exploit et faire un marathon l'est tout autant. Alors enchainer ces trois épreuves dans la même journée, c'est sûr, "il ne faut pas être très loin d'avoir un grain !" Pourtant il y a 11 mois maintenant lorsque le post est paru sur le forum, ce petit grain a dû me passer par la tête.

Pourtant l'idée saugrenue de faire ce "truc de tarés", c'était simplement de le faire. Le faire, pour dire simplement d'un jour l'avoir fait. Sans recherche de chrono ou de performance, mais pour voir, pour vivre cette expérience que certains décrivent comme unique. Au fil des neuf mois de préparation, j'ai pu apprendre des quantités impressionnants de choses, sur le sport, sur la nutrition, sur le matériel, sur le corps humain, sur le mien, sur mes limites, celles que je pouvais franchir, celles que je pouvais pas ignorer, celles que je pourrai être en mesure de repousser avec de l'entrainement, …enfin, peut-être(…), sur des méthodes de "travail", sur la nutrition et j'en passe. J'ai aussi vécu des moments forts lors de quelques entraînements avec mes potes eux aussi triathlètes pour la plupart, Aym' mon frangin de sport comme je l'appelle, ou avec mon entourage parfois derrière moi, parfois doutant de mes capacités à ne serait-ce que participer, souvent perplexe à l'utilité d'une telle folie, parfois même affolé d'imaginer l'état dans lequel je pouvais ressortir d'une épreuve pareil… J'ai pu croiser des donneurs de conseils pas folichons et des maîtres en la matière bienveillants…

Ce n'est que le lendemain que je réalise pleinement : le classement officiel en ligne m'annonce à la 75ème place sur 177 finishers… C'est qu'en plus d'avoir terminé comme j'en rêvais simplement, je me suis pas mal défendu.. Ca ajoute encore au plaisir. D'autant que je ne ressens qu'une petite gêne à la base des mollets… Même pas mal !

C'est sûr, le chemin pour arriver jusque cette plage où je me trouvais ce matin était tout aussi enrichissant que la journée que j'allais passer. Mais les mois ont été studieux, parfois durs, les journées de pleine forme et celles de doutes se sont enchaînées, C'est le prix à payer, …et il est lourd de sacrifices, mais le salaire a été bien au dessus de mes espérances… Mais au moment où j'écris ces lignes, ce que je retiens de cette expérience, c'est PLAISIR, BONHEUR INTENSE, EMOTIONS, EMOTIONS, (…) encore EMOTIONS !!!… Ca oui alors il y en a eu des émotions tout au long de cette journée… et elle fut longue.

Une mention toute spéciale à Sylvaine pour avoir supporté mes 200 sorties, soit 248 heures d'entraînement depuis fin janvier… Lavé des centaines de kilos de fringues puantes, concocté des dizaines de cakes de tuerie à la banane, et bien sur soutenu tout au long de la course… (Mention aussi à mes collègues qui ont supporté sur la fin de pause du midi, l'odeur fétide du coureur sur son retour de course! Lol)
Stouff
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ELBAMAN 2014 - Nous y voilà !!! Empty Re: ELBAMAN 2014 - Nous y voilà !!!

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